Songe à la douceur

Clémentine Beauvais, éditions Points, juin 2018, 247 pages (1re édition 2016, éditions Sarbacanes)

Quel beau pari ! Réécrire le Eugène Oneguine de Pouchkine (que j’avoue je n’avais pas lu mais dont je me suis empressée de lire le résumé , après avoir fini ce livre) en le mettant à la sauce contemporaine mais en respectant la versification.

Pour l’histoire, on ne dévoilera pas grand-chose en disant qu’il s’agit d’une histoire d’amour contrariée, à l’origine un coup de foudre de Tatiana pour Eugène, puis, plusieurs années après, un coup de foudre inversé, d’Eugène pour Tatiana. Éternelles histoires d’amour, on en fait des livres, des films ou des pièces de théâtre depuis la nuit des temps… Mais ça continue à fonctionner, surtout quand la réalisation est de cette teneur.

La description de l’attente, attente de l’apparition de l’être aimé qui passe le portail du jardin, attente d’une réponse à une lettre, attente conduisant à de multiples insomnies, attente devant l’écran, quand on est sur Skype et qu’on voit le petit crayon s’agiter, indiquant une réponse en cours, est d’une justesse infinie. Ah l’amour, toujours l’amour !

La transcription à l’époque contemporaine donne lieu à des scènes cocasses ou empreintes d’amertume ou de mélancolie. La difficulté à s’engager, la tenaille formée par l’envie d’être deux d’une part, et la peur de se perdre en l’être aimé (ou pire, de s’ennuyer avec lui ?) de l’autre, ressemblent bien à des préoccupations contemporaines (comme de bien entendu, pour les lecteurs familiers qui tomberaient sur ces lignes, toute ressemblance ou similitude avec des situations ou personnes existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence, etc, etc…)

Clémentine Beauvais est donc une fine observatrice du monde, et des jeunes ou moins jeunes qui l’habitent. Et elle raconte tout ça avec drôlerie et poésie ; son texte, savoureux, se dévore d’une traite.

Alors ce livre, il est pour qui ? Tous les romantiques, tous les amoureux, toux ceux qui l’ont été ou le seront un jour, les épris de poésie, tous les jeunes qui pourraient en outre, cerise sur le gâteau, avoir envie en le refermant de se précipiter sur les auteurs russes du 19e siècle et leurs histoires d’amour et de folie. À recommander dès la fin de collège et le lycée, et au-delà !

Marie-Ève

2 commentaires sur “Songe à la douceur

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