Le Dernier Jour d’un Condamné

Victor Hugo, Gallimard, collection Folio classique, 2017, 200 pages, 2€ (1re édition 1829)

J’ai beaucoup aimé ce livre, poignant, qui est une condamnation très forte de la peine de mort. Ce livre raconte, comme son nom l’indique, les derniers jours d’un condamné. Il démarre alors que le narrateur vient d’apprendre sa condamnation à mort ; et il se termine par ces mots « Quatre heures », alors qu’il vient de nous dire que l’on montait l’escalier pour le chercher. Entre les deux, beaucoup de courts chapitres sur le moment de sa condamnation, et les longues journées, une année, qui séparent les deux événements.

Il ne se passe pas grand-chose dans le livre. On est toujours dans les pensées de cet homme, ses peurs, ses espoirs. Le fait que Victor Hugo se mette à la place du condamné pour l’écrire, que ce soit raconté à la première personne, est très fort. On voit sa peur alors qu’il attend, qu’il compte les jours qui le séparent de la fin. On suit son quotidien sans jamais savoir pourquoi il a été condamné, ni sans avoir de détails sur sa vie (sauf qu’après sa mort il va laisser toutes seules une mère, une femme, et une fille). En lisant la préface à l’édition de 1832, on comprend pourquoi, puisque Victor Hugo écrit : « Ce livre est adressé à quiconque juge. Et pour que le plaidoyer soit aussi vaste que la cause [j’ai] dû, et c’est pour cela que le Dernier jour d’un condamné est ainsi fait, élaguer de toutes parts dans son sujet le contingent, l’accident, le particulier, le spécial, le relatif, le modifiable, l’épisode, l’anecdote, l’événement, le nom propre, et [me] borner (si c’est là se borner) à plaider la cause d’un condamné quelconque, exécuté un jour quelconque, pour un crime quelconque. »

Au fur et à mesure des pages, le narrateur perd tout espoir et il se « déshumanise ». Il nous raconte par exemple comment il entend les gardes parler de lui à la troisième personne, comme s’il n’existait déjà plus. Le point de bascule est lorsque sa petite fille, âgée de quelques années, vient le visiter et qu’elle ne le reconnaît pas. Là, le désespoir l’envahit vraiment. Et on passe alors, sur les dernières pages, de la description fine de ses pensées à une simple description froide de ce qui l’entoure.

Alors ce livre il est pour qui ? Pour tous ceux qui haïssent l’injustice et la condamnent ; pour ceux qui luttent contre la peine de mort. Pour ceux qui douteraient encore, parce qu’il n’est plus possible d’avoir des doutes en refermant ce livre.

Rose

3 commentaires sur “Le Dernier Jour d’un Condamné

  1. Comme toujours , ce texte de Victor Hugo impacte et bouleverse. Le post de Rose est d’autant plus émouvant qu’il émane d’une adolescente . La révolte contre l’injustice nous anime tous quand nous étions ados. Elle doit continuer à nous hanter et à nous nourrir . Pour tout avocat , c’est le plus puissant moteur d’action pour tenter de changer le cours des choses. Bravo Rose

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