La mécanique du piano

Chris Candler, Christian Bourgois, août 2019, 432 pages, 22€

Comment un piano peut-il relier deux femmes, Clara et Katya, que tout oppose en apparence, dans deux époques différentes ? Un livre romanesque à souhait !

Clara a une vingtaine d’années, elle est orpheline et habite en Floride où elle est mécanicienne. Tout ce qu’il lui reste de ses parents, disparus dans un incendie quelques années plus tôt, c’est un piano. Un vieux piano de marque Blüthner, abîmé par les ans, qu’elle chérit comme dernier vestige d’une époque passée, mais dont elle n’a jamais vraiment su jouer. A la suite d’une rupture amoureuse, elle décide de le vendre. Prise de remords très rapidement elle veut retirer l’annonce quand elle s’aperçoit qu’il a déjà été trouvé acquéreur. Elle entre en contact avec l’acheteur, Greg, et ils passent un marché : il est photographe, a besoin de ce piano en particulier pour effectuer une série de photos, il se contentera de le lui louer une quinzaine de jours et de le lui rendre ensuite. Elle accepte mais sur une impulsion, décide de le suivre. S’en suit alors un voyage sur les routes d’Amérique, dans la Vallée de la Mort, un voyage qui sera aussi une quête du passé.

En parallèle, l’auteure nous raconte l’histoire de Katya, qui a vécu en URSS avant d’immigrer aux Etats-Unis, pianiste de génie, qui a été en possession de ce même piano.

Comment les deux histoires se rejoignent, c’est tout l’intérêt de ce livre, et nous n’irons donc pas plus loin dans le récit sous peine de tout révéler ! Sachez juste qu’il y a de l’amour, des trahisons, des soupirs, des espérances, de la musique bien sûr ! de l’amitié, du suspense, de la nostalgie, du mystère. Tous les ingrédients sont réunis pour un très agréable roman, dont les pages se tournent toutes seules et qu’on avale sans même s’en être rendu compte. La construction en deux temps, les récits qui s’alternent entre deux époques, deux femmes, est très bien menée, sans aucun artifice, tout s’emboîte parfaitement. Et si le livre peut parfois pécher par quelques excès de romantisme, quelques ficelles un peu trop prévisibles, cela ne nuit absolument pas au récit.

La musique et le piano notamment, enfin, jouent un rôle central dans le livre. Le Blüthner en est réellement un personnage central, il y a même un moment où il prend la parole ce qui donne lieu à de très belles pages (p. 405). Un instrument peut-il garder la mémoire de tous les sons que l’on a tirés de lui, de tous les sentiments exprimés par son intermédiaire ? A-t-il, sans mauvais jeu de mot, une âme ? Et, à l’inverse, la musique peut-elle, également, se perdre ? Se dissoudre dans le chagrin ou l’absence. En même temps que l’amour par exemple…

Alors ce livre, il est pour qui ? Il est pour tous les romantiques, les amoureux, ceux pour qui l’histoire est essentielle, qui aiment se laisser entraîner sur les versants d’un récit trépidant, à rebondissement, ceux qui aiment voir le mystère s’épaissir avant que de se dénouer. Il est pour tous les amoureux de musique bien sûr, ceux pour qui piano et autres violons ont une épaisseur quasi humaine. En bref, un très joli livre pour qui veut s’échapper du quotidien.

Marie-Ève

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