En novembre, les livres dont on n’a PAS parlé !

Parce qu’ils ne nous ont pas ÉNORMÉMENT plu. Parce qu’au contraire, nous les avons adorés, mais qu’étant fort loin d’être les premières à le faire, sommes restées coites au moment de nous exprimer. Parce que parfois, devant la simple perspective d’extraire quelques lignes pour parler d’un monument de la littérature, nous sommes restées paralysées, puis embarquées dans un autre livre. Parce qu’en parlant entre nous, on a laissé la place à une autre, plus pressée de s’exprimer ; puis qu’ensuite, notre tour enfin venu, un autre livre avait surgi, et que la lecture DEVAIT l’emporter sur l’écriture. Parce que parfois, on ne peut pas dire « pourquoi »… Lire la suite « En novembre, les livres dont on n’a PAS parlé ! »

Les nuits de laitue

Vanessa Barbara, éditions Zulma, 2015, mai 2017 pour l’édition poche, 185 pages, 8,95€

Oh le joli petit  livre ! Et surprenant. Qui nous emmène sur des chemins que l’on ne soupçonnait pas. Qui nous fait voyager dans des contrées mélancoliques et de voisinage avant d’en aborder d’autres, que l’on n’ose qualifier ici de peur de faire perdre tout effet de surprise au lecteur. Surtout, que celui-ci fasse comme moi : qu’il se laisse attirer par une couverture chatoyante et colorée (bénies soient les éditions Zulma d’oser ainsi la couleur et les effets graphiques !), par un bandeau annonçant le « prix du premier roman étranger », obtenu en 2015. Se laisser attirer et naviguer, et accompagner dans le monde de l’auteur. Lire la suite « Les nuits de laitue »

Aurélien

Louis Aragon, première édition en 1944, éd. Folio en 1972, 697 pages

L’essentiel du livre se déroule dans les années 20 à Paris, sur une période de deux mois seulement où les deux protagonistes, Aurélien et Bérénice, vivent un amour passionné.

Le sujet du livre c’est « l’impossibilité du couple », comme le décrit Aragon dans sa préface, c’est l’abîme qu’il y a entre deux êtres, lié à une incompréhension des gestes et paroles de l’autre, si différents des pensées. Une incommunicabilité par l’impossibilité d’exprimer réellement leurs sentiments.  « Il y avait une grande confusion entre eux ». Ou encore « il semblait que tout eut pour raison d’être de mesurer cet abîme entre eux ». Lire la suite « Aurélien »

La femme à part

Vivian Gornick, éditions Rivages, mai 2018, 17,80€

La femme à part c’est l’auteur. Vivian Gornick, femme seule par choix (« femme nouvelle », « femme libre », « femme libérée », comme l’expression est expliquée p. 132 du livre), qui déambule dans les rues de New York, délivre de courts récits des choses vues ou entendues. Le fil rouge c’est son amitié avec Leonard, qu’elle voit toutes les semaines, moment attendu et redouté, son double dans la noirceur de la vie. Ils se connaissent par coeur, s’anticipent et se redoutent, un peu, tout en aimant se retrouver, et retrouver leur propre personne dans l’autre. Amitié évidente, limpide et complexe.

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Le discours

Fabrice Caro, éditions Gallimard, collection Sygne, septembre 2018

Qu’arrive-t-il quand on demande à quelqu’un en pleine déprime post-rupture amoureuse d’écrire un discours de mariage ? Qui plus est quand il s’agit du mariage de sa soeur, bêtement amoureuse et filant la parfaite romance ? Et qui plus est en outre lorsque cette demande est formulée pendant le traditionnel repas familial où l’ennui flirte avec l’agacement ?

C’est le propos de ce livre raconté à la première personne et hilarant. Lire la suite « Le discours »

Le peintre dévorant la femme

Kamel Daoud, éditions Stock, collection Ma nuit au musée, août 2018

Déconcertée, troublée, émerveillée. Sentiments à l’image de la couverture de ce livre, qui fait rêver avec ses étoiles brillantes et désordonnées.

Je crois avoir souligné au moins une phrase par page, corné beaucoup d’autres, ce livre est sorti vivant de ma lecture ! Les phrases sont merveilleuses, poétiques et chantantes. En le finissant, je ne suis pas certaine de tout avoir bien compris ; et comme tout livre poétique, je me dis que ce n’est pas si grave, la musique et les idées aperçues et touchées suffisent, le rêve et la réflexion vont cheminer et vivre leur vie propre dans les jours à venir. Lire la suite « Le peintre dévorant la femme »

Le livre de ma mère

Albert Cohen, éditions Gallimard, collection Folio, 1954 (première parution), 192 pages

Albert Cohen écrit Le livre de ma mère en 1954 après la mort de sa mère. Ce livre lui est dédié, c’est un hommage. Dans ce livre, l’auteur écrit des moments ou des périodes de sa vie en mettant toujours en avant sa mère, les marques d’amour qu’elle lui portait. Albert Cohen utilise un champs lexical très vaste pour qualifier sa mère, il l’appelle: « ma Maman », « ma vielle Maman », « ma Maman malade » ou encore « ma petite fille chérie ».  J’ai trouvé ça très touchant, un fils qui parle comme ça de sa mère. Cela montre que Albert Cohen et sa mère n’ont pas seulement eu une relation  de fils et mère mais aussi de « père » avec sa « fille ».

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