Proust, prix Goncourt (une émeute littéraire)

Thierry Laget, éd. Gallimard, mars 2019, 262 pages, 19,50€

10 décembre 1919 : contre toute attente, alors que le monde littéraire bruissait de la victoire facile de Dorgelès pour son « Les Croix de bois », Marcel Proust remporte le prix Goncourt pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Ce livre, en forme de récit chronologique, raconte l’histoire de ce prix, attribué cette année-là à un auteur qui s’était vu refuser par les éditeurs son « Du coté de chez Swann », puis qui s’était auto-édité, et qui restera finalement comme un des plus grands écrivains français du XXe siècle (à mon sens LE plus grand, sans avoir à préciser le siècle…). Lire la suite « Proust, prix Goncourt (une émeute littéraire) »

Les invisibles

Lucia Puenzo, éd Stock, avril 2019, 224 p., 19,50€

Les invisibles, ce sont ces trois enfants des rues de Buenos Aires, deux adolescents Ismael et La Enana et le petit Ajo, six ans. Ils y vivent seuls, livrés à eux-même dans le quartier du Once. Leur « travail » ? Profiter de leur petite taille et de leur agilité pour s’introduire dans de riches demeures et chaparder, en toute petite quantité (pour ne pas se faire remarquer), ce qui en vaut la peine. C’est Guida, qui travaille dans une entreprise de gardiennage, qui les a recrutés. Il leur donne les informations nécessaires, et le matériel qui leur permet d’endormir les chiens ou les gens afin d’agir plus facilement. Mais un jour on leur propose un marché, qu’il leur est difficile de refuser : traverser le fleuve et partir l’été de l’autre côté de la frontière, en Uruguay. Sans tellement plus de précision. Après une hésitation, le flair leur indiquant un danger certain, ils acceptent, l’envie de voir la mer étant plus forte que l’appréhension. C’est cet épisode que nous raconte l’auteure, Lucía Puenzo. Lire la suite « Les invisibles »

Cent ans de solitude

Gabriel Garcia Marquez, coll. Folio, 480 pages, 8,20 € (1re édition 1967, Buenos Aires, Editorial Sudamericana)

Comment oser écrire un seul mot sur un chef-d’œuvre, connu et reconnu de tous, le plus célèbre peut-être de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature ? Je vais me lancer quand même… Loin de moi l’idée de faire la plus petite analyse littéraire, ou tentative d’explication (je n’ai rien lu d’autre que le livre lui-même !), mais juste peut-être, quelques lignes pour donner envie à ceux qui connaissent de le reprendre, ou à ceux qui n’ont pas encore osé de se lancer (les vacances de printemps arrivent, l’époque est idéale, avec du temps, c’est mieux…). Lire la suite « Cent ans de solitude »

Comment j’ai rencontré les poissons

Ota Pavel, éditions DO, 226 pages, 20€

Comment résister à l’appel d’un livre dont la préface indique qu’il s’agit, aux dires de nombreuses personnes, du « bouquin le plus antidépressif du monde » ? Bien qu’un peu sceptique quand je me suis rendu compte que les récits tournaient essentiellement autour de la pratique de la pêche, je n’ai pas résisté trop longtemps… Et bien m’en a pris. Ce livre est réjouissant ! Lire la suite « Comment j’ai rencontré les poissons »

Les gratitudes

Delphine de Vigan, JC Lattès, mars 2019, 173 pages, 17€

Si on ne me l’avait pas offert (merci Margaux !!!), sans doute n’aurais-je pas lu ce livre. J’aime beaucoup Delphine de Vigan, mais un peu déçue par le précédent (« Les loyautés »), j’avais envie de rester sur les impressions fortes laissées par « Rien ne s’oppose à la nuit », ou « D’après une histoire vraie », et ne voulais pas risquer une autre déception. Heureusement, on a choisi pour moi ! Ce livre bref et intense touche au plus profond, avec comme d’habitude chez cette auteure, une économie de mots qui renforce encore les sensations. Lire la suite « Les gratitudes »

Art et décès

Sophie Hénaff, Albin Michel, mars 2019, 315 pages, 18,50€

La brigade des Innocents est de retour ! Après « Poulets grillés » qui l’avait vu se constituer, et « Rester groupés », qui l’avait vu se souder, on la retrouve avec un grand plaisir évoluant cette fois dans le milieu du cinéma. Anne Capestan, commissaire à la tête de la brigade est en congé parental et ne se déplace pas sans sa fille Joséphine, petit monstre de quelques mois qui accapare tout son temps, le père étant en prison. Mais elle  reprendra du service lorsqu’un meurtre sera commis sur le plateau de tournage où sévit le lieutenant Rosière, membre éminent de la brigade en disponibilité pour écrire le scénario du film.

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Une femme en contre-jour

Gaëlle Josse, Les éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, mars 2019, 154 pages, 14€.

Ce livre passionnant raconte la vie de Vivian Maier, photographe de génie disparue en 2009 dans la misère et l’anonymat, cette femme qui « ne se séparait jamais de son appareil, elle photographiait comme elle respirait, comme si sa vie en dépendait. Une sorte de troisième œil, ou de bouclier. Ou les deux à la fois. » Sa vie elle-même reste un mystère même si Gaëlle Josse parvient à raconter les grandes lignes en tenant comme un fil tout le long du récit, qui nous tient en haleine. Mais ce livre vaut surtout, me semble-t-il, pour son début, et sa fin, qui ne sont pas le récit à proprement parler de la vie de Vivian Maier. Lire la suite « Une femme en contre-jour »