Betty

Tiffany Mc Daniel, Gallmeister, août 2020, 720 p., 27,50€

Voilà un livre sur lequel j’aurais : ou envie d’écrire et parler pendant des heures ; ou envie de me taire en disant juste « lisez-le, en confiance, sans rien en savoir, sans rien en attendre, lisez et vous serez transporté, il n’y a pas de mots assez forts pour en parler ». D’ailleurs, vous pouvez arrêter la lecture de ce billet juste après avoir lu cette phrase, et attendre demain l’ouverture des librairies pour aller vous procurer ce livre. Ou le lire  jusqu’au bout, et j’espère réussir à vous donner la même envie : c’est, pour moi, un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire !

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La vie mensongère des adultes

Elena Ferrante, Gallimard, coll. Du monde entier, 404 pages, 22€

Fan absolue, comme beaucoup, de L’amie prodigieuse, j’ai ouvert le dernier roman d’Elena Ferrante avec une énorme envie et une légère appréhension. Celui-ci sera-t-il aussi bien ? Sans plus tarder et n’en déplaise aux grincheux, aux boudeurs de plaisir, aux nostalgiques, la réponse est OUI ! et voici pourquoi.

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Miss Islande

Audur Ava Olafsdottir, éditions Zulma, 268 pages, 20,50€

Jamais titre d’un livre n’aura été aussi trompeur ! Et malin en même temps… On est dans les années 60 en Islande et ici, comme partout ailleurs, il est dur d’être une femme et de vouloir accomplir son destin. Celui d’Hekla est d’écrire, de devenir auteur. Elle a vingt-et-un ans, vit dans la ferme paternelle, a déjà achevé quatre manuscrits, et comme elle veut pouvoir en faire un métier elle décide de partir, machine à écrire sous le bras, à Reykjavik, passion chevillée au corps. Dans le bus qui l’emmène à la capitale, un de ses voisins lui suggère de tenter sa chance au concours de Miss Islande. Car « elle est vraiment mignonne dans ce pantalon à carreaux ». Et voilà le titre justifié. Sauf que Hekla se fiche bien de devenir Miss Islande. Lire la suite « Miss Islande »

Les choses humaines

Karine Tuil, Gallimard, août 2019, 352 p., 21€

Voilà deux mois que je ne sais comment écrire un article sur ce livre essentiel, et voilà qu’il a maintenant raflé des prix, que tout a été dit, et qu’il est peut-être trop tard. Mais alors que le sujet des violences faites aux femmes envahit le devant de la scène médiatique, enfin, je me dis que finalement non ; ce ne sera peut-être qu’un minuscule caillou en plus dans le débat, mais chaque caillou, même minuscule, compte.

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La Vie en chantier

Pete Fromm, éd. Gallmeister, septembre 2019, 381 p., 23,60€

Ce livre est l’histoire d’un achèvement et d’une reconstruction : l’achèvement d’une maison délabrée et la reconstruction du principal personnage, Taz, après le décès de sa femme. Non, n’arrêtez pas la lecture là ! et surtout ne croyez pas que ce livre est triste et morose. Bien au contraire. Il est lumineux et drôle. Lire la suite « La Vie en chantier »

Borgo Vecchio

Giosue Calaciura, Notabilia, août 2019, 160 p., 16€

Palerme, le quartier du Borgo Vecchio, pauvre parmi les pauvres, trois enfants amis pour la vie, une prostituée au grand cœur, un voleur, l’incontournable curé, un cheval qui parle, l’amour, la trahison, la misère, la joie. La magie. Borgo Vecchio est un livre petit par la taille mais immense par le talent. Un de mes gros coups de cœurs de la rentrée. Lire la suite « Borgo Vecchio »

Conversations entre amis

Sally Rooney, éditions de l’Olivier, 5 septembre 2019, 296 pages, 23€

Ce livre est un grand livre. Il dit tout et il ne dit rien. Il se passe à Dublin mais ce pourrait être en France, aux Etats-Unis, ailleurs. Il ne se passe pas grand-chose et pourtant, toutes les questions essentielles sont abordées, l’amour, l’amitié, la maladie, l’avenir. Il a un ton, une langue, unique et irritante, unique et poétique, lancinante. Une musique dont on a du mal à se déprendre. Lire la suite « Conversations entre amis »

La Mer à l’envers

Marie Darrieussecq, P.O.L, août 2019, 18,50€

Comment écrire sur le drame des migrants ? Comment, en étant artiste, apporter sa pierre à la dénonciation ? Marie Darrieussecq le fait, et le fait très bien, et par ce livre elle montre – mais était-il besoin de le prouver ? – que l’artiste, quel qu’il soit, quand il est ancré dans son époque, les yeux grands ouverts, est indispensable. Lire la suite « La Mer à l’envers »