Comment j’ai rencontré les poissons

Ota Pavel, éditions DO, 226 pages, 20€

Comment résister à l’appel d’un livre dont la préface indique qu’il s’agit, aux dires de nombreuses personnes, du « bouquin le plus antidépressif du monde » ? Bien qu’un peu sceptique quand je me suis rendu compte que les récits tournaient essentiellement autour de la pratique de la pêche, je n’ai pas résisté trop longtemps… Et bien m’en a pris. Ce livre est réjouissant ! Lire la suite « Comment j’ai rencontré les poissons »

Une femme en contre-jour

Gaëlle Josse, Les éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, mars 2019, 154 pages, 14€.

Ce livre passionnant raconte la vie de Vivian Maier, photographe de génie disparue en 2009 dans la misère et l’anonymat, cette femme qui « ne se séparait jamais de son appareil, elle photographiait comme elle respirait, comme si sa vie en dépendait. Une sorte de troisième œil, ou de bouclier. Ou les deux à la fois. » Sa vie elle-même reste un mystère même si Gaëlle Josse parvient à raconter les grandes lignes en tenant comme un fil tout le long du récit, qui nous tient en haleine. Mais ce livre vaut surtout, me semble-t-il, pour son début, et sa fin, qui ne sont pas le récit à proprement parler de la vie de Vivian Maier. Lire la suite « Une femme en contre-jour »

L’Empreinte

Alexandria Marzano-Lesnevich, Sonatine Editions, janvier 2019, 471 pages, 22 €

Ce livre est un objet littéraire étrange et prenant. Du récit d’un crime : on pense en le lisant à « De sang-froid » de Truman Capote, ou parfois, à certains livres de Philippe Jaenada comme « La Serpe » ou « Petite femelle ». Alexandria Marzano-Lesnevich fait le récit d’un crime horrible, le meurtre d’un petit garçon de six ans, Jeremy, par Ricky Langley, qui l’aurait peut-être également violé (le doute subsiste). Mais au-delà de ce récit, ce qui rend ce livre bouleversant est la propre histoire de l’auteure, les abus sexuels qu’elle a subis, enfant, de la part de son grand-père. Les deux s’entremêlent finement. Lire la suite « L’Empreinte »

Le Dernier Jour d’un Condamné

Victor Hugo, Gallimard, collection Folio classique, 2017, 200 pages, 2€ (1re édition 1829)

J’ai beaucoup aimé ce livre, poignant, qui est une condamnation très forte de la peine de mort. Ce livre raconte, comme son nom l’indique, les derniers jours d’un condamné. Il démarre alors que le narrateur vient d’apprendre sa condamnation à mort ; et il se termine par ces mots « Quatre heures », alors qu’il vient de nous dire que l’on montait l’escalier pour le chercher. Entre les deux, beaucoup de courts chapitres sur le moment de sa condamnation, et les longues journées, une année, qui séparent les deux événements. Lire la suite « Le Dernier Jour d’un Condamné »

La foi d’un écrivain

Joyce Carol Oates, éditions Philippe Rey, collection fugues, octobre 2017 (première parution 2003), 158 pages.

Ce livre nous plonge au cœur de la création littéraire, et c’est passionnant ! Pourquoi devient-on écrivain ? Comment ? Que faut-il faire ? Pas de conseils à proprement parler (sauf un peut-être : celui de lire avant tout), mais le récit d’une expérience, l’analyse d’une vie consacrée à écrire. Lire la suite « La foi d’un écrivain »

La nuit du cœur

Christian Bobin, éditions Gallimard, septembre 2018, 202 pages, 18€

Livre achevé cette nuit et je suis touchée au cœur justement. J’ai tenté de respecter ce livre magnifique publié dans la collection Blanche, dans un format inhabituel, en me contentant de noter les pages que j’aimais, mais très vite, le livre s’est retrouvée corné, gribouillé, souligné, entouré. Bercée par les mots, tous les mots, qui dansent sur la page et portent et transportent. Ce livre est un poème, une longue lettre d’amour, emplie de mysticisme (« Quand la lettre d’amour est parfaite, ce n’est même plus l’histoire de celui ou celle qui la reçoit »  sont les mots qui achèvent le livre). Lire la suite « La nuit du cœur »

La femme à part

Vivian Gornick, éditions Rivages, mai 2018, 17,80€

La femme à part c’est l’auteur. Vivian Gornick, femme seule par choix (« femme nouvelle », « femme libre », « femme libérée », comme l’expression est expliquée p. 132 du livre), qui déambule dans les rues de New York, délivre de courts récits des choses vues ou entendues. Le fil rouge c’est son amitié avec Leonard, qu’elle voit toutes les semaines, moment attendu et redouté, son double dans la noirceur de la vie. Ils se connaissent par coeur, s’anticipent et se redoutent, un peu, tout en aimant se retrouver, et retrouver leur propre personne dans l’autre. Amitié évidente, limpide et complexe.

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