Rebellez-vous !

Marie Laguerre, avec Laurène Daycard, L’Iconoclaste, février 2020, 150 p., 15€

C’est là un livre indispensable, une lecture à mettre entre toutes les mains, des femmes, des filles, des hommes, des garçons. Le récit d’un acte de rébellion, le manifeste qui s’en est suivi, puis la façon dont nous toutes et nous tous (oui, les hommes aussi sont concernés), pouvons agir.

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La leçon de ténèbres

Léonor de Récondo, éditions Stock, coll. Une nuit au musée, janv. 2020, 150 p., 18€

Proposer à un auteur de passer une nuit dans un musée et publier le texte qui en est issu, voilà le propos de cette magnifique collection initiée avec le livre de Kamel Daoud, « Le peintre dévorant la femme », dont nous avons déjà parlé ici. Dans ce livre-ci, Léonor de Récondo se plonge dans le Musée de El Greco à Tolède, et bien lui en a pris, car le texte qu’elle nous livre  est une splendeur. Ceux qui aimaient déjà El Greco n’auront qu’une envie c’est de le retrouver, les autres de le découvrir (à défaut de pouvoir se rendre à Tolède, on peut se dépêcher d’aller voir l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais à Paris, à voir jusqu’au 10 février).

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Le Consentement

Vanessa Springora, Grasset, janv. 2020, 210 p., 18€

« Le consentement » est un livre salutaire sur la prédation sexuelle et l’emprise que peut exercer un homme, homme connu et recouvert d’une aura littéraire, sur une adolescente. Dans la lignée des nombreuses langues qui se délient en ce moment, ou des récits ou romans qui veulent nous aider à comprendre (je pense bien sûr aux « Choses humaines » de Karine Tuil, ou, chroniqué sur ce blog, à  « L’Empreinte » de Alexandria Marzano-Lesnevich), ce livre est important et va contribuer, on le voit déjà, à poursuivre la dénonciation d’un comportement anormal et déviant.

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Honoré et moi

Titiou Lecoq, éditions l’Iconoclaste, 295 p., 18€

Fan de Balzac, fan du « Balzac » de Zweig, j’ai appréhendé ce livre avec curiosité. Pari réussi, je me suis laissée happer dès les premières pages, et ne l’ai plus quitté ! Le sous-titre « Parce qu’il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère » donne le ton de l’ouvrage, renforcé encore par l’avant-propos, et le post scriptum final. Bien plus qu’une biographie, c’est une leçon de vie. Lire la suite « Honoré et moi »

Le Tour de l’oie

Erri de Luca, Gallimard, coll. du Monde entier, mars 2019, 159 p. 16€

En forme d’avertissement, la préface fournit un mode d’emploi de ce livre qui emporte les réflexions de l’auteur sur lui-même et sur le monde : il doit se lire de la même façon que le cerveau relie les points lumineux entre deux battement de paupières, reconstituant un monde caché et subtil.

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Les mots

Jean-Paul Sartre, Folio, 224 pages, 7,40€

Dans Les mots, Sartre se tourne vers son enfance et se remet dans la peau du jeune garçon qu’il était, celui qui découvre à l’âge de cinq ans le monde des livres, et qui, seul, apprend à lire. Puis ce même garçon, déboussolé par le sens de la vie, qui quelques années plus tard comprend que sa vocation est d’écrire. Lire la suite « Les mots »

Proust, prix Goncourt (une émeute littéraire)

Thierry Laget, éd. Gallimard, mars 2019, 262 pages, 19,50€

10 décembre 1919 : contre toute attente, alors que le monde littéraire bruissait de la victoire facile de Dorgelès pour son « Les Croix de bois », Marcel Proust remporte le prix Goncourt pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Ce livre, en forme de récit chronologique, raconte l’histoire de ce prix, attribué cette année-là à un auteur qui s’était vu refuser par les éditeurs son « Du coté de chez Swann », puis qui s’était auto-édité, et qui restera finalement comme un des plus grands écrivains français du XXe siècle (à mon sens LE plus grand, sans avoir à préciser le siècle…). Lire la suite « Proust, prix Goncourt (une émeute littéraire) »

Comment j’ai rencontré les poissons

Ota Pavel, éditions DO, 226 pages, 20€

Comment résister à l’appel d’un livre dont la préface indique qu’il s’agit, aux dires de nombreuses personnes, du « bouquin le plus antidépressif du monde » ? Bien qu’un peu sceptique quand je me suis rendu compte que les récits tournaient essentiellement autour de la pratique de la pêche, je n’ai pas résisté trop longtemps… Et bien m’en a pris. Ce livre est réjouissant ! Lire la suite « Comment j’ai rencontré les poissons »

Une femme en contre-jour

Gaëlle Josse, Les éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, mars 2019, 154 pages, 14€.

Ce livre passionnant raconte la vie de Vivian Maier, photographe de génie disparue en 2009 dans la misère et l’anonymat, cette femme qui « ne se séparait jamais de son appareil, elle photographiait comme elle respirait, comme si sa vie en dépendait. Une sorte de troisième œil, ou de bouclier. Ou les deux à la fois. » Sa vie elle-même reste un mystère même si Gaëlle Josse parvient à raconter les grandes lignes en tenant comme un fil tout le long du récit, qui nous tient en haleine. Mais ce livre vaut surtout, me semble-t-il, pour son début, et sa fin, qui ne sont pas le récit à proprement parler de la vie de Vivian Maier. Lire la suite « Une femme en contre-jour »

L’Empreinte

Alexandria Marzano-Lesnevich, Sonatine Editions, janvier 2019, 471 pages, 22 €

Ce livre est un objet littéraire étrange et prenant. Du récit d’un crime : on pense en le lisant à « De sang-froid » de Truman Capote, ou parfois, à certains livres de Philippe Jaenada comme « La Serpe » ou « Petite femelle ». Alexandria Marzano-Lesnevich fait le récit d’un crime horrible, le meurtre d’un petit garçon de six ans, Jeremy, par Ricky Langley, qui l’aurait peut-être également violé (le doute subsiste). Mais au-delà de ce récit, ce qui rend ce livre bouleversant est la propre histoire de l’auteure, les abus sexuels qu’elle a subis, enfant, de la part de son grand-père. Les deux s’entremêlent finement. Lire la suite « L’Empreinte »

Le Dernier Jour d’un Condamné

Victor Hugo, Gallimard, collection Folio classique, 2017, 200 pages, 2€ (1re édition 1829)

J’ai beaucoup aimé ce livre, poignant, qui est une condamnation très forte de la peine de mort. Ce livre raconte, comme son nom l’indique, les derniers jours d’un condamné. Il démarre alors que le narrateur vient d’apprendre sa condamnation à mort ; et il se termine par ces mots « Quatre heures », alors qu’il vient de nous dire que l’on montait l’escalier pour le chercher. Entre les deux, beaucoup de courts chapitres sur le moment de sa condamnation, et les longues journées, une année, qui séparent les deux événements. Lire la suite « Le Dernier Jour d’un Condamné »