Les invisibles

Lucia Puenzo, éd Stock, avril 2019, 224 p., 19,50€

Les invisibles, ce sont ces trois enfants des rues de Buenos Aires, deux adolescents Ismael et La Enana et le petit Ajo, six ans. Ils y vivent seuls, livrés à eux-même dans le quartier du Once. Leur « travail » ? Profiter de leur petite taille et de leur agilité pour s’introduire dans de riches demeures et chaparder, en toute petite quantité (pour ne pas se faire remarquer), ce qui en vaut la peine. C’est Guida, qui travaille dans une entreprise de gardiennage, qui les a recrutés. Il leur donne les informations nécessaires, et le matériel qui leur permet d’endormir les chiens ou les gens afin d’agir plus facilement. Mais un jour on leur propose un marché, qu’il leur est difficile de refuser : traverser le fleuve et partir l’été de l’autre côté de la frontière, en Uruguay. Sans tellement plus de précision. Après une hésitation, le flair leur indiquant un danger certain, ils acceptent, l’envie de voir la mer étant plus forte que l’appréhension. C’est cet épisode que nous raconte l’auteure, Lucía Puenzo. Lire la suite « Les invisibles »

Cent ans de solitude

Gabriel Garcia Marquez, coll. Folio, 480 pages, 8,20 € (1re édition 1967, Buenos Aires, Editorial Sudamericana)

Comment oser écrire un seul mot sur un chef-d’œuvre, connu et reconnu de tous, le plus célèbre peut-être de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature ? Je vais me lancer quand même… Loin de moi l’idée de faire la plus petite analyse littéraire, ou tentative d’explication (je n’ai rien lu d’autre que le livre lui-même !), mais juste peut-être, quelques lignes pour donner envie à ceux qui connaissent de le reprendre, ou à ceux qui n’ont pas encore osé de se lancer (les vacances de printemps arrivent, l’époque est idéale, avec du temps, c’est mieux…). Lire la suite « Cent ans de solitude »

Les gratitudes

Delphine de Vigan, JC Lattès, mars 2019, 173 pages, 17€

Si on ne me l’avait pas offert (merci Margaux !!!), sans doute n’aurais-je pas lu ce livre. J’aime beaucoup Delphine de Vigan, mais un peu déçue par le précédent (« Les loyautés »), j’avais envie de rester sur les impressions fortes laissées par « Rien ne s’oppose à la nuit », ou « D’après une histoire vraie », et ne voulais pas risquer une autre déception. Heureusement, on a choisi pour moi ! Ce livre bref et intense touche au plus profond, avec comme d’habitude chez cette auteure, une économie de mots qui renforce encore les sensations. Lire la suite « Les gratitudes »

Art et décès

Sophie Hénaff, Albin Michel, mars 2019, 315 pages, 18,50€

La brigade des Innocents est de retour ! Après « Poulets grillés » qui l’avait vu se constituer, et « Rester groupés », qui l’avait vu se souder, on la retrouve avec un grand plaisir évoluant cette fois dans le milieu du cinéma. Anne Capestan, commissaire à la tête de la brigade est en congé parental et ne se déplace pas sans sa fille Joséphine, petit monstre de quelques mois qui accapare tout son temps, le père étant en prison. Mais elle  reprendra du service lorsqu’un meurtre sera commis sur le plateau de tournage où sévit le lieutenant Rosière, membre éminent de la brigade en disponibilité pour écrire le scénario du film.

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La Bibliothèque enchantée

Mohammad Rabie, éditions Actes sud, collection Sindbad, janvier 2019, 175 pages, 19€

Aux confins du livre de contes et du livre pour bibliophiles, ce récit enchante, c’est le mot juste, par sa fantaisie et son sujet ! Il se passe en Egypte. Chaher, employé travaillant au ministère des Biens de mainmorte (qui gère à la fois les affaires religieuses au sens large et les biens religieux de mainmorte, soit des biens donnés pour faire œuvre d’utilité publique et inaliénables), est envoyé en mission à la bibliothèque de Kawkab Ambar, afin de faire un rapport sur elle. On comprend très vite avec lui que ce rapport n’est que pure formalité : les dés sont jetés, il est prévu que la bibliothèque soit détruite pour laisser place à une ligne de métro. Lire la suite « La Bibliothèque enchantée »

Né d’aucune femme

Franck Bouysse, La Manufacture de livres, janvier 2019, 334 pages, 20,90€

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas été autant entraînée dans le sillage d’un livre ! Voilà de ces romans dont on est à la fois heureux d’en avancer la lecture parce que l’envie de connaître la suite est à la limite de l’intolérable (nuits blanches assurées et petits matins douloureux d’avoir trop veillé, l’avantage étant que l’on avance vite, donc cela ne se reproduit pas trop !)  ; et que l’on est triste de finir parce que oui, d’accord, on sait enfin ce que l’auteur a si bien manigancé pour nous révéler, mais que justement, on n’a plus rien à savoir… Dilemme du lecteur passionné : avancer ou retarder la poursuite d’un livre… Lire la suite « Né d’aucune femme »

Les tribulations d’Arthur Mineur

Andrew Sean Greer, éditions Jacqueline Chambon/Actes Sud, janvier 2019, 253 pages, 22€

 

Arthur Mineur va avoir cinquante ans et il est, de son propre avis, un écrivain mineur, un homosexuel mineur, un homme mineur. Son plus haut fait de gloire est d’avoir été l’amant et la muse d’un fameux poète (fameux au point d’avoir eu le prix Pulitzer, malicieux clin d’œil du destin qui attribua ce même prix… aux « Tribulations… » !), Robert Brownburn, lorsqu’il était jeune. Arthur Mineur va avoir cinquante ans, et il vient d’apprendre le mariage prochain de son dernier amant, Freddy, qu’il aimait peut-être, ou qu’il avait peur d’aimer, avec lequel en tous cas il ne voulait pas s’engager ; et cela le désespère. Alors pour pouvoir fuir ce mariage auquel il a été convié, il décide d’accepter toutes les propositions de remise de prix, de cours, de voyage… qui le tiendront éloigné un moment de San Francisco. Ainsi démarrent ces « Tribulations ». Lire la suite « Les tribulations d’Arthur Mineur »