La plus précieuse des marchandises

Jean-Claude Grumberg, Seuil, coll. La librairie du XXIe siècle, janvier 2019, 110 pages, 12€

Il y a des livres dont, en les refermant, on sait qu’ils marqueront. Il y a des livres si forts qu’ils imprègnent, qu’ils tournent dans notre tête, qui, après même leur lecture, poursuivent leur vie, autonomes. Hier soir, j’ai lu d’une traite, sans m’arrêter, « La plus précieuse des marchandises » ; je l’ai posé ; et le livre a continué à vivre. J’ai rêvé de trains toute la nuit… Un conte pour dire l’irracontable, qui a pourtant été si souvent et avec tant de force décrit par d’autres ; mais il ne s’agit pas là d’un livre de plus. Il s’agit d’un grand livre. Car parfois les choses les plus simples sont les plus belles et les plus fortes. Lire la suite « La plus précieuse des marchandises »

Le baiser

Sophie Brocas, Julliard, janvier 2019, 297 pages, 20€.

Non, il n’y a pas QUE Houellebecq en cette rentrée littéraire de janvier ! Et heureusement ! A l’office du 3 janvier se trouvait une pépite, un livre bien construit, instructif, à l’histoire intéressante, bien écrit, pas du tout morose, parfois drôle. Bref, une pépite, mon premier coup de cœur de l’année ! Lire la suite « Le baiser »

Salina – les trois exils

Laurent Gaudé, Actes Sud, octobre 2018, 149 pages, 16,80 €

J’ai hésité à écrire sur ce livre, sorti depuis trois mois, et sur lequel tout a été dit déjà. Et en même temps, je pense qu’il est impossible de trop en parler. Alors modestement, j’ajoute une petite pierre sur l’autel des louanges.

L’histoire de Salina avait déjà été racontée par Laurent Gaudé en 2009, sous la forme d’une pièce de théâtre. Passer au roman n’a rien enlevé à la force de l’histoire. Lire la suite « Salina – les trois exils »

Ma dévotion

Julia Kerninon, La brune, éditions du Rouergue, août 2018, 299 pages, 20€

Epoustouflant. Un des plus beaux livres lus cette année. Une voix, un souffle qui emporte et fait danser. Les mots sont projetés sur la page blanche, en de courts chapitres, démarrant au milieu de la page, et je suis bien certaine que la mise en page et la façon d’écrire ces bouts de vie qui s’enchaînent font pour beaucoup dans le plaisir de lire ce livre, que l’on ne peut quitter une fois que l’on a commencé. Tel une ogresse mangeuse de mots, je l’ai englouti. Très vite. Parce qu’il était impossible de ne pas tourner pour poursuivre, de quitter Helen et Franck. Mais reprenons au début. Lire la suite « Ma dévotion »

La libraire

Penelope Fitzgerald, Quai Voltaire/La Table Ronde, 1978, 2006 pour l’édition française, 2016 pour la réédition, 170 pages, 14€

Quel enthousiasme et quel bonheur, et quelle attente, quand j’ai démarré ce livre ! L’histoire d’une femme qui, dans une petite ville de l’Angleterre profonde de la fin des années 50, envers et contre tout, devient libraire, rendez-vous compte ! Je me projetais, persuadée que j’allais trouver dans ces pages une sorte de prophétie qui pourrait devenir auto-réalisatrice… Et au final, j’espère bien que non. Laissons donc ce livre sur l’étagère des romans, et n’en faisons pas un fétiche. Ceci dit, j’ai pris un immense plaisir à sa lecture. Lire la suite « La libraire »

La Somme de nos folies

Shih-Li Kow, éditions Zulma, août 2018, 364 pages, 21,50 €

 

Un très gros coup de cœur pour ce très beau livre ! (beau dedans et beau dehors, comme tous les livres des éditions Zulma…).

« Nous ne sommes que la somme de nos folies, racontées ou tues », sont les mots qui le clôturent. Il s’agit là de folies simples ou d’histoires rocambolesques, du quotidien de quelques habitants d’une petite ville malaise, que nous racontent en alternance, à deux voix, Ayuong et Mary-Anne. Lire la suite « La Somme de nos folies »

Les beaux mariages

Edith Wharton, Les Belles Lettres, 2018, 1re édition française Robert Laffont, 1964, 562 pages, 15€

Une fausse nouveauté. Et un vrai classique ! « Les beaux mariages » d’Edith Wharton est réédité par les Belles lettres cet automne (première édition en 1964) c’est donc une nouveauté d’un point de vue du libraire. Mais pas vraiment puisque le texte est déjà paru. Quant à l’histoire. Et au style ! On est dans le plus pur classicisme ; on navigue entre Balzac, Flaubert, Henry James et Jane Austeen… Un régal. Lire la suite « Les beaux mariages »