L’atlas des femmes

Joni Seager, Robert Laffont, 22€

Révolte.

C’est le mot qui  surgit de mes lèvres après avoir refermé ce livre, car c’est pour moi l’étincelle qui a ravivé le foyer.  Ainsi ce n’est pas que des droits mais de toute la condition féminine dont parle ce livre, cet Atlas, révélant des faiblesses liées à d’immenses inégalités. Car même si on savait déjà que les inégalités existent, là elles sont montrées, visuellement, et y compris dans des pays pour lesquels on pensait que le combat était en voie d’être gagné (notamment dans les pays occidentaux). Lire la suite « L’atlas des femmes »

Atlas de l’Anthropocène

François Gemenne, Alessandra Rankovic, Atelier de cartographie de Sciences Po, Sciences Po Les Presses, juill. 2019, 158 p., 25€

C’est dans une période de mobilisation de la jeunesse que parait l’Atlas de l’Anthropocène. Tout d’abord Atlas, qui était dans l’antiquité une figure mythologique sur qui reposait tout le poids de la Terre. A la suite, un terme moins connu :  Anthropocène. Dans cet atlas, nous découvrons non seulement le sens mais également l’impact de ce phénomène ou plutôt de ce changement, sur notre planète et nos vies. En effet le terme de l’Anthropocène qui apparait autour des années 2000, désigne cette nouvelle ère dans laquelle nous sommes entré.e.s : celle de l’Anthropos, de l’Homme. Lire la suite « Atlas de l’Anthropocène »

Le Dictionnaires des émotions

Tiffany Watt Smith, Zulma, coll. Zulma Essais, sept. 2019, 392 pages, 21,50 €

 

C’est simple : tout le monde devrait avoir ce livre dans sa bibliothèque ! Le lire une fois, ou plusieurs, le feuilleter, y revenir. Son objet ? Recenser les émotions dans le monde, en raconter leur histoire, leur émergence, leurs particularités géographiques, les auteurs qui en ont parlé. Un régal. Lire la suite « Le Dictionnaires des émotions »

Se défendre – Une philosophie de la violence

Elsa Dorlin, éditions La Découverte, coll. Zones, octobre 2017, 252 pages, 18€

Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l’Université Paris 8, kung-fu fighter, et militante féministe, propose dans cet ouvrage de retracer une généalogie de l’autodéfense politique. Elle analyse diverses situations dans l’Histoire où la violence a pu constituer une ressource ultime pour des individus dont on niait la qualité de sujets. De la révolte des esclaves à Saint-Domingue en 1791 à l’autodéfense organisée de communautés LGBT à San Francisco dans les années 1970 en passant par le mouvement suffragiste anglais (dont les militantes pratiquaient l’art martial japonais du ju-jitsu pour faire face à la brutalité policière), l’auteure retrace ainsi de manière passionnante les techniques corporelles d’autodéfense mobilisées par divers groupes dominés à travers l’histoire. Lire la suite « Se défendre – Une philosophie de la violence »

Houellebecq, un monde de solitudes

Nicolas Dissaux, L’Herne, 2019, 86 pages, 8,50 €

Houellebecq, encore ? Oui, mais de façon détournée. Personnellement je n’ai aucun problème à avouer que j’ai toujours eu un peu de mal avec Houellebecq. Je pense avoir lu tous ses livres ou presque, parce qu’à chaque fois je me dis que j’ai dû rater quelque chose, étant donné la liste impressionnante de gens, que j’estime, qui le lisent et l’admirent. Nicolas Dissaux fait partie de ceux-là. Professeur de droit reconnu, civiliste renommé, spécialiste des rapports entre droit et littérature (entre autres sujets de prédilection), il est un fervent admirateur de cet auteur et lors des quelques fois où j’ai eu l’occasion de l’écouter parler sur le sujet, je suis toujours repartie en me disant qu’il fallait que je réessaye. L’aveu qui suit n’étonnera donc personne : par écrit, cela me fait le même effet. J’ai fermé le livre et me suis dit que décidément, je devrais reprendre les ouvrages de Houellebecq parce que l’ironie, la clairvoyance, la lumière et l’amour dans son œuvre m’avaient échappés. Et que c’était dommage. Lire la suite « Houellebecq, un monde de solitudes »

Je remballe ma bibliothèque

Alberto Manguel, éditions Actes Sud, octobre 2018, 157 pages, 18€

Une élégie et quelques digressions, est-il précisé dans le sous-titre de ce dernier livre d’Alberto Manguel. On retrouve ici avec un immense plaisir l’auteur de Une histoire de la lecture (Actes Sud, 1998), ou de La bibliothèque, la nuit (Actes Sud, 2006).  Avec Manguel, je me sens soudain beaucoup moins obsessionnelle avec les livres 🙂 C’est notre maître à tous, nous les bibliovores, bibliophiles, et autres passionnés immodérés du livre.

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Le peintre dévorant la femme

Kamel Daoud, éditions Stock, collection Ma nuit au musée, août 2018

Déconcertée, troublée, émerveillée. Sentiments à l’image de la couverture de ce livre, qui fait rêver avec ses étoiles brillantes et désordonnées.

Je crois avoir souligné au moins une phrase par page, corné beaucoup d’autres, ce livre est sorti vivant de ma lecture ! Les phrases sont merveilleuses, poétiques et chantantes. En le finissant, je ne suis pas certaine de tout avoir bien compris ; et comme tout livre poétique, je me dis que ce n’est pas si grave, la musique et les idées aperçues et touchées suffisent, le rêve et la réflexion vont cheminer et vivre leur vie propre dans les jours à venir. Lire la suite « Le peintre dévorant la femme »