Les Porteurs d’eau

Atiq Rahimi, P.O.L, janvier 2019, 286 p., 19€

1er février, premier coup de cœur du mois !

Ce livre, « Les Porteurs d’eau », démarre le 11 mars 2001, tandis que les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan, et il entremêle les fils de deux histoires merveilleuses (« merveilleuse » dans tous les sens du terme : qui suscite l’étonnement et l’admiration, mais aussi qui relève du prodige ou de la magie). L’une prend place en France, où Tom, Français d’origine afghane, se réveille un matin pour quitter le domicile conjugal et rejoindre son amante à Amsterdam. La deuxième se situe à Kaboul, où Yûsef se réveille une nouvelle fois aux côtés de sa belle-sœur, la femme de son frère, pour laquelle il éprouve des sentiments qui le dépassent, des sentiments qu’il ne sait pas nommer mais qui ressemblent à l’amour. Lire la suite « Les Porteurs d’eau »

Nagori

Ryoko Sekiguchi, éditions P.O.L, octobre 2018, 136 pages, 15€

Livre à ne surtout pas mettre entre les mains de qui avait déjà envie d’aller au Japon (c’est mon cas…), sinon l’envie risque de devenir irrépressible. Toute la finesse, tout l’exotisme japonais y sont représentés.

Ce livre est un OLNI. Objet littéraire non identifié. Un récit et une leçon sur « nagori », terme japonais que l’auteur définit en plusieurs pages tellement la notion est subtile, mais qu’on peut tenter de résumer en « arrière-saison », ou « nostalgie de la saison qui vient de nous quitter ». Mais il est aussi un condensé de la subtilité japonaise, une explication des haïkus, un traité de cuisine, ou encore une réflexion sur le temps qui passe, ou sur la magie de la rencontre. En bref, un livre iconoclaste et inclassable.

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La nuit du cœur

Christian Bobin, éditions Gallimard, septembre 2018, 202 pages, 18€

Livre achevé cette nuit et je suis touchée au cœur justement. J’ai tenté de respecter ce livre magnifique publié dans la collection Blanche, dans un format inhabituel, en me contentant de noter les pages que j’aimais, mais très vite, le livre s’est retrouvée corné, gribouillé, souligné, entouré. Bercée par les mots, tous les mots, qui dansent sur la page et portent et transportent. Ce livre est un poème, une longue lettre d’amour, emplie de mysticisme (« Quand la lettre d’amour est parfaite, ce n’est même plus l’histoire de celui ou celle qui la reçoit »  sont les mots qui achèvent le livre). Lire la suite « La nuit du cœur »

Le peintre dévorant la femme

Kamel Daoud, éditions Stock, collection Ma nuit au musée, août 2018

Déconcertée, troublée, émerveillée. Sentiments à l’image de la couverture de ce livre, qui fait rêver avec ses étoiles brillantes et désordonnées.

Je crois avoir souligné au moins une phrase par page, corné beaucoup d’autres, ce livre est sorti vivant de ma lecture ! Les phrases sont merveilleuses, poétiques et chantantes. En le finissant, je ne suis pas certaine de tout avoir bien compris ; et comme tout livre poétique, je me dis que ce n’est pas si grave, la musique et les idées aperçues et touchées suffisent, le rêve et la réflexion vont cheminer et vivre leur vie propre dans les jours à venir. Lire la suite « Le peintre dévorant la femme »