Les tribulations d’Arthur Mineur

Andrew Sean Greer, éditions Jacqueline Chambon/Actes Sud, janvier 2019, 253 pages, 22€

 

Arthur Mineur va avoir cinquante ans et il est, de son propre avis, un écrivain mineur, un homosexuel mineur, un homme mineur. Son plus haut fait de gloire est d’avoir été l’amant et la muse d’un fameux poète (fameux au point d’avoir eu le prix Pulitzer, malicieux clin d’œil du destin qui attribua ce même prix… aux « Tribulations… » !), Robert Brownburn, lorsqu’il était jeune. Arthur Mineur va avoir cinquante ans, et il vient d’apprendre le mariage prochain de son dernier amant, Freddy, qu’il aimait peut-être, ou qu’il avait peur d’aimer, avec lequel en tous cas il ne voulait pas s’engager ; et cela le désespère. Alors pour pouvoir fuir ce mariage auquel il a été convié, il décide d’accepter toutes les propositions de remise de prix, de cours, de voyage… qui le tiendront éloigné un moment de San Francisco. Ainsi démarrent ces « Tribulations ». Lire la suite « Les tribulations d’Arthur Mineur »

Ma dévotion

Julia Kerninon, La brune, éditions du Rouergue, août 2018, 299 pages, 20€

Epoustouflant. Un des plus beaux livres lus cette année. Une voix, un souffle qui emporte et fait danser. Les mots sont projetés sur la page blanche, en de courts chapitres, démarrant au milieu de la page, et je suis bien certaine que la mise en page et la façon d’écrire ces bouts de vie qui s’enchaînent font pour beaucoup dans le plaisir de lire ce livre, que l’on ne peut quitter une fois que l’on a commencé. Tel une ogresse mangeuse de mots, je l’ai englouti. Très vite. Parce qu’il était impossible de ne pas tourner pour poursuivre, de quitter Helen et Franck. Mais reprenons au début. Lire la suite « Ma dévotion »

La seule histoire

Julian Barnes, Mercure de France, Bibliothèque étrangère, mai 2018, 260 pages, 22,80 €

« Préféreriez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? C’est, je pense, finalement, la seule vraie question. » Voilà l’incipit du livre, et le ton est donné.

Un homme se souvient de sa « seule histoire », car on a tous, dit-il, une seule et unique histoire d’amour, celle qui innerve toutes les autres, qui donne le ton, qui efface ou sublime « Un premier amour détermine une vie pour toujours : c’est ce que j’ai découvert au fil des ans », dit le narrateur un peu plus loin dans le livre (p. 94). Il raconte alors la sienne. Lire la suite « La seule histoire »

L’insoutenable légèreté de l’être

Milan Kundera, Folio, 1989, 1re édition Gallimard, 1984, 467 pages.

L’insoutenable légèreté de l’être, c’est un roman d’amour qui se déroule à Prague en 1968. C’est un livre assez fascinant, où comme souvent avec Kundera, on éprouve l’irrésistible envie de corner toutes les pages, tant elles fourmillent d’une multitude de réflexions philosophiques et extrêmement drôles sur l’amour, la politique, l’art, et bien plus encore (réflexions qui pourraient d’ailleurs tout à fait être recyclées à l’occasion de dîners mondains, si cela peut en intéresser certain-e-s 😊). Lire la suite « L’insoutenable légèreté de l’être »

Aurélien

Louis Aragon, première édition en 1944, éd. Folio en 1972, 697 pages

L’essentiel du livre se déroule dans les années 20 à Paris, sur une période de deux mois seulement où les deux protagonistes, Aurélien et Bérénice, vivent un amour passionné.

Le sujet du livre c’est « l’impossibilité du couple », comme le décrit Aragon dans sa préface, c’est l’abîme qu’il y a entre deux êtres, lié à une incompréhension des gestes et paroles de l’autre, si différents des pensées. Une incommunicabilité par l’impossibilité d’exprimer réellement leurs sentiments.  « Il y avait une grande confusion entre eux ». Ou encore « il semblait que tout eut pour raison d’être de mesurer cet abîme entre eux ». Lire la suite « Aurélien »