La libraire

Penelope Fitzgerald, Quai Voltaire/La Table Ronde, 1978, 2006 pour l’édition française, 2016 pour la réédition, 170 pages, 14€

Quel enthousiasme et quel bonheur, et quelle attente, quand j’ai démarré ce livre ! L’histoire d’une femme qui, dans une petite ville de l’Angleterre profonde de la fin des années 50, envers et contre tout, devient libraire, rendez-vous compte ! Je me projetais, persuadée que j’allais trouver dans ces pages une sorte de prophétie qui pourrait devenir auto-réalisatrice… Et au final, j’espère bien que non. Laissons donc ce livre sur l’étagère des romans, et n’en faisons pas un fétiche. Ceci dit, j’ai pris un immense plaisir à sa lecture. Lire la suite « La libraire »

La foi d’un écrivain

Joyce Carol Oates, éditions Philippe Rey, collection fugues, octobre 2017 (première parution 2003), 158 pages.

Ce livre nous plonge au cœur de la création littéraire, et c’est passionnant ! Pourquoi devient-on écrivain ? Comment ? Que faut-il faire ? Pas de conseils à proprement parler (sauf un peut-être : celui de lire avant tout), mais le récit d’une expérience, l’analyse d’une vie consacrée à écrire. Lire la suite « La foi d’un écrivain »

En novembre, les livres dont on n’a PAS parlé !

Parce qu’ils ne nous ont pas ÉNORMÉMENT plu. Parce qu’au contraire, nous les avons adorés, mais qu’étant fort loin d’être les premières à le faire, sommes restées coites au moment de nous exprimer. Parce que parfois, devant la simple perspective d’extraire quelques lignes pour parler d’un monument de la littérature, nous sommes restées paralysées, puis embarquées dans un autre livre. Parce qu’en parlant entre nous, on a laissé la place à une autre, plus pressée de s’exprimer ; puis qu’ensuite, notre tour enfin venu, un autre livre avait surgi, et que la lecture DEVAIT l’emporter sur l’écriture. Parce que parfois, on ne peut pas dire « pourquoi »… Lire la suite « En novembre, les livres dont on n’a PAS parlé ! »

La Somme de nos folies

Shih-Li Kow, éditions Zulma, août 2018, 364 pages, 21,50 €

 

Un très gros coup de cœur pour ce très beau livre ! (beau dedans et beau dehors, comme tous les livres des éditions Zulma…).

« Nous ne sommes que la somme de nos folies, racontées ou tues », sont les mots qui le clôturent. Il s’agit là de folies simples ou d’histoires rocambolesques, du quotidien de quelques habitants d’une petite ville malaise, que nous racontent en alternance, à deux voix, Ayuong et Mary-Anne. Lire la suite « La Somme de nos folies »

La seule histoire

Julian Barnes, Mercure de France, Bibliothèque étrangère, mai 2018, 260 pages, 22,80 €

« Préféreriez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? C’est, je pense, finalement, la seule vraie question. » Voilà l’incipit du livre, et le ton est donné.

Un homme se souvient de sa « seule histoire », car on a tous, dit-il, une seule et unique histoire d’amour, celle qui innerve toutes les autres, qui donne le ton, qui efface ou sublime « Un premier amour détermine une vie pour toujours : c’est ce que j’ai découvert au fil des ans », dit le narrateur un peu plus loin dans le livre (p. 94). Il raconte alors la sienne. Lire la suite « La seule histoire »

L’insoutenable légèreté de l’être

Milan Kundera, Folio, 1989, 1re édition Gallimard, 1984, 467 pages.

L’insoutenable légèreté de l’être, c’est un roman d’amour qui se déroule à Prague en 1968. C’est un livre assez fascinant, où comme souvent avec Kundera, on éprouve l’irrésistible envie de corner toutes les pages, tant elles fourmillent d’une multitude de réflexions philosophiques et extrêmement drôles sur l’amour, la politique, l’art, et bien plus encore (réflexions qui pourraient d’ailleurs tout à fait être recyclées à l’occasion de dîners mondains, si cela peut en intéresser certain-e-s 😊). Lire la suite « L’insoutenable légèreté de l’être »

Les beaux mariages

Edith Wharton, Les Belles Lettres, 2018, 1re édition française Robert Laffont, 1964, 562 pages, 15€

Une fausse nouveauté. Et un vrai classique ! « Les beaux mariages » d’Edith Wharton est réédité par les Belles lettres cet automne (première édition en 1964) c’est donc une nouveauté d’un point de vue du libraire. Mais pas vraiment puisque le texte est déjà paru. Quant à l’histoire. Et au style ! On est dans le plus pur classicisme ; on navigue entre Balzac, Flaubert, Henry James et Jane Austeen… Un régal. Lire la suite « Les beaux mariages »